2026, l’année de la responsabilité démocratique

2026 s’ouvre dans un contexte de vérité politique. Après plusieurs années de tensions institutionnelles, de fractures sociales et d’instabilité démocratique, la France ne peut plus se contenter de demi-mesures, de postures ou de faux-semblants.

Les Français ont parlé avec force et lucidité, affirmant leur exigence d’être entendus et rappelant que la démocratie n’est ni un décor, ni un rituel vidé de sens, mais un contrat vivant fondé sur le respect du vote, l’équilibre des pouvoirs et l’écoute réelle du peuple. Ils ont également acté la fin d’une bipolarisation artificielle qui enfermait le débat public dans des oppositions stériles.

Le pluralisme issu des urnes n’est pas un accident : il est l’image fidèle de la Nation dans ce qu’elle a de plus vivant et contradictoire. Encore faut-il que celles et ceux qui siègent au Parlement soient à la hauteur, capables de transformer la diversité des voix en parole commune, de faire du désaccord une matière de travail et non une ligne de fracture.

Cette exigence pèse sur tous les élus, et au premier chef sur le Président de la République, qui, dans les circonstances actuelles, aurait pu considérer qu’il aurait été plus conforme à l’intérêt général de se retirer. Quoi qu’il en soit, la fonction présidentielle ne peut s’exonérer de sa responsabilité ni de sa loyauté envers la Nation. Servir l’intérêt général avant toute ambition personnelle est désormais un impératif : la France n’a plus les moyens de l’irresponsabilité, du cynisme ou des calculs personnels. Chaque renoncement a un coût, chaque manœuvre affaiblit la Nation, chaque compromis de façade creuse la fracture démocratique. Si nous voulons que la France vive, nous devons choisir, et assumer pleinement nos décisions pour le bien commun.

Je crois également que le respect de l’information est au cœur de notre démocratie. La transparence, la rigueur et l’indépendance des médias sont indispensables pour que les citoyens puissent juger, comprendre et choisir en connaissance de cause. Sans un débat public fondé sur des faits vérifiés et une information fiable, la parole politique perd sa légitimité et la confiance des Français s’érode. Protéger et respecter l’information, c’est protéger la démocratie elle-même.

Au-delà de nos frontières, c’est également l’Europe qui joue sa survie politique et démocratique. Dans un monde marqué par le retour des puissances, la guerre sur le sol européen et l’affaiblissement des États de droit, l’Union européenne ne peut plus avancer par inertie ni par technocratie détachée des peuples. L’avenir de l’Europe dépend de sa capacité à redevenir un projet politique lisible, protecteur et souverain, fondé sur la volonté des nations et le consentement des citoyens.

Malgré les crises et les épreuves, la France s’est toujours relevée et doit se relever à nouveau. Sa grandeur ne réside pas dans ses institutions seules, mais dans son peuple — cette force silencieuse, opiniâtre et créatrice qui, génération après génération, a su faire naître l’espoir au milieu des tempêtes. Aujourd’hui, cet espoir doit revenir : celui d’un pays capable de se rassembler, de se projeter et de surmonter les fractures. Comme l’écrivait Jean Jaurès : «  Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la fatalité. »

Dans un monde marqué par les conflits et les replis, la France doit rester fidèle à ce qu’elle est : une démocratie exigeante, une Nation souveraine, une République fondée sur les libertés et la responsabilité. La démocratie, comme la paix, ne se décrète pas. Elle se construit.

Je fais le vœu que 2026 soit cette année de construction, du courage politique et du retour de l’espoir — en France et en Europe — et l’année où le peuple, à nouveau, retrouve sa place au cœur de la Nation.

Bonne année 2026.

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